Elisabeth Motsch :
traductions littéraires
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Jamie
s’est réveillé au milieu de la nuit. Les pleurs de sa petite
soeur Nin étaient entrés dans son rêve, mais ce ne sont
pas eux qui l’ont réveillé. Il a ouvert les yeux et, juste
à cet instant, il a vu Van lancer le bébé, lancer sa petite
soeur Nin à travers la pièce, et il a vu sa mère apparaître
dans la chambre et lever les bras juste à temps pour la rattraper.
Ensuite ils sont partis, Nin, sa mère et lui. Ils sont allés vivre
dans la caravane d’Earl qui ressemble à un grille-pain en argent
posé à flanc de colline, au milieu de nulle part.
Là, tous les trois, ils sont bien. Jamie pense qu’ils sont les
seuls survivants d’une catastrophe, eux et Earl, qui vient de temps en
temps les ravitailler et s’assurer qu’ils n’ont besoin de
rien.
Ils pourraient rester là toute la vie. Mais Noël approche, il va
y avoir une fête au collège de Groveton. Et puis un jour, il faudra
retourner à l’école.
Et un autre jour, fatalement, il faudra croiser Van.
Un livre d’une sensibilité extraordinaire.
Yom
Kippour, 1947, Chicago.
Entre sa nouvelle maison, près de l’aéroport de Midway,
et la synagogue, il n’y avait pas moins de vingt-cinq kilomètres.
Jake Ackerman avait décidé de les faire à pied. Là-bas
il retrouverait le Cousin, le Canard et Benny, qui ne manqueraient pas de l’acclamer,
ou presque, se disait-il. N’était-ce pas leur vieux copain qui
réapparaissait !...
C’avait été une autre vie du jour où P’pa avait
lâché la nouvelle, comme une bombe : M’man, Jake et lui devaient
déménager, pour aller au bout du monde, près de sa boutique
de barbier, laissant loin derrière les copains d’école et
la si complaisante Adrienne Himmel.
Mais quand le soleil fut monté bien haut dans le ciel, Jake eut une drôle
de surprise. Une de plus dans la série...
A seize ans, il ne cesse d’être surpris : par son frère aîné,
Mike, marié, patron du restaurant M et F, pour qui il travaille à
temps partiel ; par certaines révélations sur le passé
de P’pa, le présent de M’man, et par le futur qu’il
imagine avec cette Roberta Hubbard nouvellement découverte. Une Roberta
qui a débarqué un jour au M et F et a fait une crise d’urticaire.
Moins facile qu’Adrienne, elle est encore bien plus belle. Et pour elle,
Jake, « jeune homme souterrain », remontera des profondeurs obscures
du doute, jusqu’à la lumière.
La longue marche, c’était rien. Il est prêt pour la course.
Un livre fascinant et qui est passé inaperçu...
Zdena
arrive de Bratislava en autocar. Jean Ferrero, lui, ne se déplace qu’à
moto. Ils ont rendez-vous à Venise pour marier leur fille.
Elle a vingt-quatre ans, elle s’appelle Ninon. Elle ne pense qu’à
Gino, son fiancé.
Mais quelqu’un va troubler la fête. Quelqu’un ou plutôt
quelque chose d’innommable, qui pèse sur cette fin de siècle
comme une malédiction : « Maintenant, dit Ninon, quand la sentinelle
demande : Qui va là ? Je réponds : la Peste. »
Ninon est séropositive. Parce qu’elle a passé la nuit sur
la plage avec un garçon qu’elle ne connaissait pas, elle est désormais
condamnée à mort.
Alors, dans un dernier sursaut, Ninon et Gino décident de conjurer le
sort à leur manière...
Cette histoire contée par un aveugle dont la voix éveille des
échos tragiques est aussi un poème sur l’Europe où
vivront nos enfants, un voyage à travers ce continent aux paysages admirables,
sur lesquels plane une invisible menace mais où se cache aussi un espoir
inattendu.
John Berger est né à Londres en 1926. Ecrivain engagé,
scénariste, critique d’art, il a obtenu le Booker Prize pour son
roman G. Et le prix Pétrarque de littérature en Allemagne.
En
composant ce recueil, John Berger a voulu réaliser une frise, en ensemble
de textes dont la juxtaposition bord à bord donnerait une vue panoramique
du vécu européen : des instants de vie, à la fin de ce
siècle. Une femme à bicyclette, un home tenant la bride d’un
cheval, un peintre, un photographe, un philosophe, un gardien de troupeau –autant
de portraits où se dessine en creux la figure des Temps Modernes.
Mais ces « photocopies » nous parlent aussi de leur auteur : un
irréductible qui, envers et contre tout, continue à lutter.
Ce livre est un bijou, pour moi. Une référence poétique.
Qui
est G. ?
Un personnage de fiction. Il est la réincarnation moderne de Don Juan.
Né en 1889, fils illégitime d’une aristocrate anglaise et
d’un négociant italien, il meurt à Triste, le jour où
l’Italie déclare la guerre à l’empire austro-hongrois,
en mai 1915.
Pourquoi « G » ?
Parce que la lettre « G » renvoie à deux personnages mythiques
: Don Giovanni, Garibaldi. L’érotique et le politique.
Qu’est-ce que G ?
G. est un des grands romans européens de la deuxième moitié
du XXè siècle.
Epique, il est traversé par le grondement des masses en révolte,
le souffle des guerres, mais aussi le sillage des premiers héros de l’aviation.
Intimiste, il reconstruit le monde perdu de l’enfance, explore celui du
désir et du sentiment amoureux.
Expérimental, il pousse le langage jusqu’à ses limites.
Matérialiste, il doit beaucoup à Marx, mais surtout à Diderot
–le Diderot du Neveu de Rameau- et aux écrivains érotiques
du XVIIIè, dont il retourne le propos : avec G., Don juan ne vient plus
asservir les femmes à son désir, mais les libérer.
« G. est une affaire hautement littéraire, enracinée dans
la tradition moderniste. Il nous ramène à La Conscience de
Zeno d’Italo Svevo, et à L’Homme sans qualités
de Robert Musil. » George Steiner.
G. a obtenu le Booker Prize en 1972.
Traduit
en collaboration avec Corinne Julve et Annick Le Goyat
Fidèle à sa méthode journalistique, fondée sur
l’interview et le recoupement des sources, Bob Woodward nous entraîne
dans les coulisses du pouvoir, au coeur même de l’action. Avec lui,
nous entrons dans le Bureau ovale d’où l’on suivra, heure
par heure, la mise en place de l’implacable machine de guerre américaine
contre le terrorisme, de l’Afghanistan à l’Iraq.
Entretiens exclusifs avec le président et ses conseillers spéciaux
(de Dick Cheney à Condoleezza Rice en passant par Colin Powell ou Donald
Rumsfeld), actions diplomatiques et opérations secrètes de la
CIA, Woodward tisse, avec ce document exceptionnel, le récit haletant
et inquiétant de l’offensive de l’administration Bush.
Woodward est journaliste au Washington Post. Il a publié en 1974 Watergate
: Les Fous du Président (en collaboration avec Carl Bernstein),
l’extraordinaire enquête qui a révélé ce scandale
et précipité la chute du président Nixon. Il est l’auteur
d’une dizaine de livres dont un document sur la CIA, un autre sur la campagne
présidentielle, ainsi qu’un ouvrage sur les années Clinton.
Il vit à Washington.